“You just didn’t look happy!”
C’est ce que mon médecin d’ami liverpudlien m’a dit au téléphone ce soir.
Depuis cinq jours une magnifique sinusite s’est installée entre moi et mes projets. Un mal de tête qu’aucune aspirine n’efface, des coulements de nez incessants, des réveilles toute les heures de la nuit en sueurs et tremblant. Plus le décalage horaire puisque je suis enfin rentré à Londres, après une semaine de nuage icelandais.
Ma santé ne va pas très fort. Et c’est ce qu’il me dit lui qui m’a ausculté dans la cave du café aux heures de pointe. Il me recommande de prendre du repos et de ne pas retourner à l’école avant Jeudi, trois jours chez moi donc.
C’est vrai que si j’avais passé mes vacances à me reposer plutôt qu’a me transformer en barman dans ce café bondé du Queens ou encore à participer à une course de douze heure de marche olympique. Alors, oui, j’aurai peut être pas tant de mal à surmonter cette sinusite.
Quoique…
Le mode de vie des profs londoniens me semble aussi fou sinon plus que celui des barmans newyorkais. Voici des gens qui sacrifient leur vie privée, affective et surtout leur santé pour un job dont peu d’entre eux voient la beauté.
Et puis les bourses qu’on nous donne pour nos efforts sont si frêles qu’il faut bien se trouver des endroits exotiques où aller en chercher(mais je ne dis rien l’an prochain se sera pis encore).
Mon père a fait l’expérience suivante : en tant que travailleur social, après une dizaine d’années dans la profession il a eu accès à un poste à forte responsabilités, chef de foyer, haut niveau de stress mais bien payé. On peut aussi voir dans cette profession une certaine beauté. Il a fait un infarctus ce qui l’a décidé à devenir prof de yoga et quitter Paris.
Voici une expérience dont je souhaiterais bien tirer profit sans devoir l’imiter.
A chaque vacances depuis que j’ai commencé cette formation je suis tombé malade. Moi dont la santé était de fer, moi qui me promenais en T-shirt en février à Marseille, Moi qui me baignais de Mars à Novembre dans la méditerranée.
Et pour achever de donner un aspect New Age à ce billet voici une parole de sa Sainteté le Dalaï Lama :
« Les hommes usent leur santé à gagner de l’argent puis usent leur argent à soigner leur santé. »
Me voici donc devant un choix qui porte sur :
Quoi après le PGCE ?
D’un côté la possibilité de continuer l’expérience londonienne, sous couvert d’avoir un job, mais vivre à rythme encore plus plus que ce que ce n’est cette année puisque j’aurais entre 10 et 15 classes au lieu de trois. Et la certitude de ne pas looking very happy, comme me disait mon pote.
De l’autre l’inconnu, vaste, vibrant de possibles et de coups de soleil potentiel.
A priori je n’ai pas à choisir de suite, je peux encore me laisser porter par la vague que sera, finir cette année honorablement, rendre et soutenir mon mémoire et même passer quelques entretiens pour des jobs en Septembre, j’en ai d’ailleurs un pour la semaine prochaine.
Mais il faudra choisir.
Il y a cette belle salsa panaménienne qui dit :
« Desiciones, cada dia, alguien pierde alguien gana ave Maria !!! ».
Je suis conscient d’avoir assimilé énormément de choses durant cette année mais, je me demande si la vie hors du boulot ne vaut-elle pas d’être préservée.
C’est une question ouverte…
Je crois que je pourrais écrire pas mal encore mais on m’enseigna l’an passé que les billets trop long son rarement les meilleurs…
Pierre